Passages à faune, 40 ans d’évolution.

 

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Des milliers de parcs nationaux ont été crée à travers le monde afin de préserver la vie sauvage. Mais les villages, les fermes, les ranchs et les routes se sont aussi développés à proximité de ces même parcs. Ce qui a conduit à des îlots de vie sauvage au milieu d’un océan d’urbanisation. Si les créatures qui s’y trouvent prospères, ces îlots nécessitent cependant des voies de communication vers l’extérieur. L’isolement peut être particulièrement gênant pour les grands prédateurs, les lions par exemple, qui vivent en petits groupes. Dans certaines régions d’Afrique les lions peuvent se déplacer vers d’autres groupes, évitant ainsi toute consanguinité. Mais d’autres populations de lions, comme dans le cratère Ngorongoro en Tanzanie, sont isolées de tout autre groupe. Dans ces populations, les petits naissent plus chétifs, meurent prématurément et sont plus sensibles aux maladies. Une sécheresse ou un braconnage intensif pourrait facilement les décimer. La dispersion des animaux est aussi plus fréquente en raison de la déforestation rapide et de l’intervention humaine excessive dans l’habitat de la faune. La mortalité routière a un impact significatif sur un certain nombre d’espèces de premier plan aux États-Unis et ailleurs, y compris le cerf de Virginie, la panthère de la Floride, et l’ours noir d’Amérique du nord. Les Pays-Bas sont en tête dans le monde avec plus de 600 passages.

 

Afin de reconnecter les petits groupes, les conservationnistes mettent en avant l’intérêt de la construction de passage à faune. Un passage à faune est un aménagement destiné à permettre le passage des animaux à travers un obstacle artificiel comme une route, une voie ferrée ou un barrage. En fonction des espèces visées, la conception des passages à faune diffère. Ceux pour les amphibiens sont de petites canalisations sous les routes, d’autres, pour les poissons migrateurs, sont des torrents artificiels (passe à poisson) et, enfin, des passerelles végétalisées permettent à la grande et petite faune de traverser les autoroutes. L’objectif de ces passages à faune est de rétablir la connectivité d’un continuum écologique. Les passages à faune ont connu de nombreuses évolutions depuis les premières implantations dans les années 60. Dispositifs au départ destinés au gibier, ils répondent maintenant à une demande plus large de conservation de la biodiversité tout en assurant pour le réseau routier un rôle de sécurité. L’un des plus ambitieux projet est celui qui reliera le parc de Yellowstone au Yukon. Les voies de communication constituent une cause majeure de fragmentation d’habitat faunique dans la région s’étendant du parc de Yellowstone au Yukon. La fragmentation cause le déclin des populations d’espèces sauvages et, éventuellement, leur disparition d’un lieu donné. On a récemment démontré que certaines techniques permettaient de faciliter le passage sécuritaire des animaux au-delà des routes et, du même coup, de réduire la fragmentation. Comme le sud-ouest de l’Alberta est la plus importante zone de morcellement à l’intérieur des 3 500 kilomètres compris entre le parc de Yellowstone et le Yukon, y rétablir le déplacement des animaux est essentiel à la viabilité écologique à long terme de cette étendue canado-américaine. Ce projet permettra de repérer les principales zones de déplacement des animaux, de les classer selon leur importance du point de vue de la conservation, d’élaborer des stratégies d’atténuation et de travailler avec des organismes voués à la conservation, des collectivités locales, des organismes responsables du transport et des citoyens bénévoles afin de mettre en place des solutions.
 

D’autres grands couloirs sont envisagés en Amérique Centrale, en Australie et dans l’Himalaya. Mais la route sera semée d’embûches. Il peut être difficile de persuader les gouvernements à dépenser de l’argent dans la préservation de la vie sauvage, et encore plus difficile quand ces animaux risquent de nuire aux troupeaux et même aux humains. Il est essentiel d’inciter les communautés locales, en particulier celles qui tirent profit de cette manne économique qu’est l’écotourisme. De nouveaux documentaires sur ce sujet important s’apprêtent à être diffusé à la télévision. Peut-être seront-ils un peu trop optimistes cependant, quant à la levée de boucliers. Actuellement, des débats sur la question de la gestion des terres agricoles font trembler l’Amérique. Les cowboys de l’Oregon comme on les appelle, réclament la restitution par l’État fédéral de terres agricoles à la population. Mais leur cause n’est pas acquise au reste des américains. Plus inquiétante encore, est la question de savoir si ces voies seront suffisantes pour sauver les espèces déjà menacées d’extinction. C’est sans doute notre dernière chance de protéger une biodiversité unique sur Terre.

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