Le cerveau, peut-être un fardeau de l’évolution.

cerveau

 

Notre cerveau est considéré depuis longtemps comme notre plus grand atout. Nous sommes intelligents, avons conquis tous les continents de la planète, transformé notre environnement à notre guise et développons sans cesse de nouvelles technologies pour nous faciliter la vie. Sans notre cerveau, aucun progrès n’aurait été possible. Bien qu’il soit un organe coûteux en énergie, les humains sont la preuve vivante que l’investissement est rentable ( biologiquement parlant). Nous avons évolué de façon à surmonter le fardeau énergétique qu’a été l’augmentation croissante du volume cérébral. Mais sur le parcours tortueux de l’évolution, avoir un gros cerveau n’est pas toujours un avantage.

 

Dans certains cas, comme celui de l’éponge, l’animal n’a pas de cerveau mais continu à être remarquablement bien adapté. Certains chercheurs pensent même que l’éponge possédait autrefois un cerveau, mais s’en est débarrassé pour des raisons bénéfiques à leur mode de vie. Pourvu de cette connaissance, il n’est pas surprenant d’apprendre que de nombreuses études ont démontré que posséder un gros cerveau peut s’avérer désavantageux pour certains mammifères. Cela pouvant mener jusqu’à l’extinction. À ce jour de nombreux mammifères sont à haut risque. Une étude publiée en août 2016 mettait en lumière le fait que 60% des plus gros mammifères font partie des espèces menacées. Les animaux d’Afrique subsaharienne et de l’Asie du sud-est sont le plus en danger. Cela inclus les rhinocéros, les éléphants, les lions, les tigres et les gorilles.

 

Le rapport, compilé par 43 experts de la vie sauvage et publiée dans le journal Bio Science, souligne ce que les conservationnistes savent depuis longtemps: les grands animaux ont un risque accru d’extinction. Il y a de nombreuses raisons à cela. Les grands animaux ont de gros besoins de nourriture et d’espaces de vie, et sont des cibles faciles pour les braconniers. De plus leur habitat disparaît en raison de la déforestation galopante, commandité en partie pour satisfaire les besoins alimentaires croissants de l’homme. Mais une autre raison moins bien connue qui contribue à ce risque d’extinction, c’est de posséder un gros cerveau. En un sens, c’est évident parce qu’avoir un grand corps requiert un gros cerveau.

 

Dans une autre étude publiée en mai 2016, 474 espèces de mammifères ont été étudié afin de comprendre quels traits spécifiques pouvaient augmenter le risque d’extinction. Ils ont découvert que le fait d’avoir un gros cerveau a son revers de médaille, car associé à une série de traits problématiques. Par exemple, une progéniture possédant un gros cerveau nécessite une gestation plus longue, et un niveau élevé de soins parentaux. Cela signifie aussi que ces animaux au atteignent une maturité sexuelle plus tardivement et tendent à avoir un nombre réduit de petits. Typiquement, une mère gorille prodigue un soin quasi constant à son petit durant les 3 premières années, et donne naissance seulement tous les 3 ou 4 ans. Une longue gestation et une période de sevrage augmentent le risque de décès pendant une période juvénile. Ce trait en retour augmente le risque d’extinction, puisque la population de cette espèce ne peut croître rapidement ou compenser une mortalité soudaine et fulgurante.

 

Il est vrai que le fait de posséder un gros cerveau a sans doute aidé les mammifères, particulièrement les humains, à s’adapter aux changements environnementaux survenus par le passé. Toutefois la balance bénéfice / risque tend à s’équilibrer, voir à devenir un service trop coûteux. Les animaux ne peuvent s’adapter aux changements imposés par l’homme sur son environnement. De façon ironique, c’est notre gros cerveau qui nous a permis de transformer le monde et qui aujourd’hui risque de causer la perte d’autres mammifères. Nous sommes l’exception à la règle: nous sommes en pleine expansion. Toutefois, notre population croie à un tel rythme que nous seront bientôt incapables de subvenir à ses besoins. Plus encore, en dépit de notre intelligence, nous avons causé un réchauffement rapide inéluctable. Nous ne pouvons avancer tranquillement vers ce futur qui s’appauvrit, et devons plutôt faire face à notre responsabilité collective, et assumer notre pouvoir de prévenir ces déclins à venir.

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