L’Arabette et le colza, des plantes pas si banale.

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Elle captive l’intérêt de la communauté scientifique. On ne compte plus les avancées qu’elle a contribué à générer: recherches sur le cancer, mise au point des OGM. Avec l’arabette des dames, pas de demi-mesure. Soit on l’ignore, soit elle nous obsède. L’étude des plantes, même les plus insignifiantes en apparence, est toujours à l’origine de progrès. Les herbiers anciens en sont le témoignage émouvant. Les premiers généticiens étaient des jardiniers. Gregor Mendel, un moine autrichien, posa les bases de l’hérédité autour de 1860 au moment même où Charles Darwin publie l’origine des espèces. En cultivant des poids, Mendel mena des expériences déterminantes pour la compréhension de l’hérédité. Déjà dans les années 60 les généticiens avaient choisi la mouche drosophile pour mener leurs recherches sur le monde animal. Arabidopsis thaliana serait le modèle idéal pour le règne végétal. Mais pourquoi ces espèces en particulier? Des cycles courts, de petits génomes, une petite taille, voilà les raisons. Les scientifiques ont mis en place des outils communautaires, des banques de données accessibles à tous afin que tous puissent bénéficier des recherches des uns et des autres. Jusqu’au 19e siècle, le lien entre l’homme et le règne végétal était encore débattu. Depuis la découverte de l’ADN, nous avons la preuve d’une origine commune, c’est le symbole universel du vivant. Une grande partie de Mecano se joue dans les laboratoires du monde entier. Ils ont appris à induire des mutations artificielles, à l’image des mutations naturelles. Le jeu consiste à comprendre le rôle de chaque gène. Ainsi, le livre génétique est décodé peu à peu. Les perspectives de recherche sont immenses. Les gènes qui chez l’humain jouent un rôle dans certains cancers, existent aussi chez les plantes. Dans le cas du cancer du sein héréditaire, c’est une mauvaise réparation de l’ADN qui cause la maladie. Des expériences infructueuses sur les souris, furent fructueuses sur l’arabette. Contrairement aux souris, les plantes survivent mais deviennent stériles. Malheureusement, faire comprendre les enjeux de ce type de travaux n’est pas simple: des demandes de financement ont été refusé par des organismes sous prétexte que les plantes ne possèdent aucun lien avec le cancer. Les multiples variétés d’arabettes sont autant de sujets d’étude et de manipulation pour les spécialistes de cette espèce.

 

 

En quelques dizaines d’années, le canola est devenu l’une des plus importantes cultures d’oléagineux au monde et la denrée la plus rentable pour les agriculteurs canadiens. Canola est le nom commun donné aux graines de variétés de plantes de colza développées au Canada et qui possèdent des qualités nutritionnelles supérieures. Les plantes de canola sont des variétés de navettes (Brassica campestris ou rapa) et de colza (B. napus) appartenant à la famille des Crucifères. Les NAVETS (B. rapa ou, plus précisément, B. campestris rapifera) sont très étroitement apparentés, d’où le nom « colza » [du latin rapum, « navet »]. La famille des Crucifères est une famille très large qui inclut également Brassica napus (les RUTABAGAS), B. oleracea (le CHOU et le chou-fleur) et B. juncea (la moutarde). B. campestris est originaire des contreforts des montagnes himalayennes, alors que B. napus est probablement originaire de la région méditerranéenne et est le résultat de croisements naturels entre des plantes B. campestris et B. oleracea. Le Canada est le plus grand producteur de canola au monde. Plus de 13 millions de tonnes de canola y sont produites annuellement. Environ la moitié est exportée vers différents pays. Les principaux pays importateurs sont les États-Unis, le Japon et le Mexique. Le colza est une source importante d’huile végétale comestible en Asie depuis presque 4000 ans, et il est utilisé comme huile à lampe et huile comestible en Europe depuis le Moyen Âge. Le colza a d’abord été cultivé au Canada pendant la seconde guerre mondiale comme source de lubrifiant de grande qualité pour les moteurs marins. Il est devenu une source majeure d’huile à cuisson, de margarine, de vinaigrette et de graisse alimentaire végétale. Ce qui reste de la plante après l’extraction de l’huile est une source de nourriture à haute teneur en protéines pour le bétail. Assez tôt, des avertissements concernant des problèmes potentiels avec l’acide érucique (C22 :1) ont fourni aux chercheurs une motivation pour changer la composition en acide gras de l’huile du colza cultivé au Canada. Le développement du canola tel qu’il est connu aujourd’hui est le résultat du travail de deux chercheurs canadiens, B. R. STEFANSSON et R.K. DOWNEY, qui ont conjointement identifié les premières plantes de colza (Brassica napus) faibles en acide érucique. Le développement du premier canola faible en acide érucique et en glucosinolates, connu sous le nom de Tower, a été accompli par reproduction naturelle, ce qui consiste en la sélection et le croisement de graines provenant de plantes qui contiennent peu de ces deux éléments. Stefansson et Downey ont reçu plusieurs prix en reconnaissance de leurs contributions au développement du canola. Aujourd’hui, presque tout le canola cultivé au Canada est tolérant aux herbicides.

 

 

L’innocente arabette a ouvert la voie des OGM. C’est une plante cousine du colza dont les connaissances sont utilisées pour la mise au point d’espèces modifiées, devenues monnaie courante dans les laboratoires. Un phénomène qui reflète une vision dominatrice du progrès. Pour certains nous n’avons fait qu’effleurer les applications potentielles de ces biotechnologies. C’est bien loin des craintes qui se manifestent partout dans le monde. L’homme est devenu un apprenti sorcier qui aborde un moment inédit de son rapport à la nature. Dans l’espace confiné des laboratoires, cela n’a pas de conséquences. Mais à grande échelle, quel sera l’impact sur les écosystèmes? Les généticiens restent convaincus du bien-fondé de leurs recherches pour l’humanité. Les travaux dans ce domaine sont essentiels à la compréhension des mécanismes universels de l’ADN, et nous laissent entrevoir avec vertige à quel point la vie sur Terre est complexe.

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