L’urine, poison ou thérapie?

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Nous sommes une poche d’eau bien organisé. Notre corps est constitué d’au moins deux tiers d’eau et a besoin d’un ravitaillement continuel, autour de 2 litres par jour. Nous perdons beaucoup de liquides à travers la respiration, la transpiration, les mictions… Nous ne pouvons pas nous en passer car nous devons éliminer nos déchets. Si nous ne nous rechargions pas en liquides, nous finirions par nous épaissir comme une purée dans une casserole. Un sang visqueux coulerait dans nos veines, nos muscles se raidiraient, nos organes en pâtiraient, la circulation sanguine s’arrêterait. Les liquides que nous buvons arrivent dans les intestins et sont décomposés par les sucs digestifs. Protéines, sucres, graisses entrent dans le sang. Entre 5 et 6 litres de sang circulent dans les vaisseaux sanguins et les organes. Mais aussi à travers notre station d’épuration: nos deux reins. Ils filtrent toutes sortes de déchets grâce aux néphrons qui jouent le rôle de tamis. Le néphron est l’unité structurale et fonctionnelle du rein. Il permet la formation d’urine. Un rein humain adulte en compte entre 900 000 et 1,6 million. Les grosses particules sont retenues et le liquide excédentaire chargé en déchets et en minéraux est évacué. La formation de l’urine, qui a lieu dans chaque néphron, dépend de trois mécanismes: la filtration glomérulaire, la réabsorption tubulaire et la sécrétion tubulaire.

 

 
Environ 1800 litres de sang passent travers les reins toutes les 24 heures. De ces 1800 litres sont produits environ 180 litres d’urine primitive, filtrés dans les glomérules. La filtration du sang s’effectue au niveau des capillaires du glomérule. Cette filtration, passive, est due au gradient de pression qui existe entre la pression artérielle de l’artériole afférente et la pression, plus basse, du glomérule lui-même. Le taux de filtration glomérulaire (volume d’urine primitive de l’ensemble des glomérules par unité de temps) est normalement de 100 à 120 ml /min. Chez l’adulte, environ 180 litres sont filtrés chaque jour, mais l’urine primaire est par la suite réabsorbée à 99 % dans les tubules, menant à une production finale d’urine d’environ 1,5 litre par jour. La créatinine, déchet issu du catabolisme musculaire n’est absolument pas réabsorbée. De même, l’urée et l’acide urique, qui sont des déchets provenant du métabolisme des protéines, ne sont que très peu réabsorbés. Les substances nécessaires à l’organisme, telles que le glucose, les acides aminés, les vitamines et le bicarbonate sont normalement entièrement réabsorbés dans le sang. Les électrolytes sont absorbés en quantité variable, ce qui permet de réguler l’équilibre électrolytique et de maintenir l’homéostasie. L’essentiel de l’eau (99%) est également réabsorbé dans le sang. Cette réabsorption se fait au moment où l’urine parcourt les différentes parties du tube – tube proximal, anse de Henle et tube distal – et le tube collecteur. Seul un petit reste termine sa course dans la vessie, au goutte-à-goutte à travers les uretères. La paroi de la vessie est parcourue par des récepteurs qui donnent l’alarme dès que la dilatation devient importante. La vitesse à laquelle elle se remplit dépend de nos habitudes. Boire du café ou du thé fait réagir nos reins. L’alcool aussi. Les reins sont réglés pour évacuer les poisons pour le système nerveux. Notre urine en dit beaucoup sur notre mode de vie. Sa composition révèle notre état de santé. Dans les temps anciens, les médecins inspectaient ce liquide avec tous leurs sens. Ils reniflaient, et goutaient même parfois pour y déceler un taux de sucre trop important par exemple. Aujourd’hui les bandelettes de test assurent un diagnostic bien plus fiable. Elles peuvent révéler la consommation de stupéfiants, de médicaments, une grossesse, ou un trouble métabolique. Mais pourquoi, lorsque tout va bien, certains parlent encore d’un pouvoir de guérison? L’amaroli est le nom donné à la pratique qui consiste à boire une partie de son urine pour entretenir sa santé ou se soigner. En Occident elle est appelée urinothérapie. Ils seraient deux millions au Japon, un million aux Pays-Bas et cinq millions en Allemagne à boire leur urine ou à s’en oindre pour guérir. Autrement dit, à pratiquer l’urinothérapie. L’engouement pour cette technique gagnerait l’Italie et l’Espagne, et bientôt la France.

 

 

 

De l’Inde à l’Egypte ancienne, en passant par nos campagnes, l’urine – humaine et animale – a toujours été utilisée. Le liquide, stérile au sortir de l’urètre, est acide et bactéricide. Au temps de Pasteur, au xixe siècle, l’urine de jument était utilisée dans la composition des sérums et des vaccins. Si les médecins s’accordent pour reconnaître à l’urine certaines vertus, ils n’en font pas une panacée. Pour ses défenseurs, en revanche, elle remplace volontiers l’armoire à pharmacie. Principal véhicule d’élimination des déchets de l’organisme (filtrés par les reins), l’urine comporte quantité d’éléments indispensables à la vie (sels minéraux, déchets azotés, différents acides, hormones, vitamines, enzymes). Le rein produit des substances qui, une fois réintroduites dans le système digestif, seraient bénéfiques. Exemples : la glutamine, un acide aminé renforçant le système immunitaire, et les hydrates de créatinine qui, combinés à l’urée, auraient un effet anticancéreux. Vrai ou faux ? Autre argument à considérer : l’utilisation par les laboratoires de produits extraits de l’urine. Comme l’urokinase, une enzyme utilisée pour dissoudre les thromboses artérielles, ou encore la gonadotrophine (une hormone utilisée dans le traitement de la stérilité, mais aussi des retards pubertaires ou de l’acné). L’urine vient du latin urina, apparenté au grec ancien oûron. Depuis des siècles, l’urine est utilisée comme engrais, agent lavant du linge, produit de tannage, teinture, ou encore parfumerie. La seule vertu thérapeutique de l’urine démontrée est l’amélioration de l’hygiène buccodentaire en application externe, l’urée et le peroxyde de carbamide qu’elle contient ayant des propriétés blanchissantes et un pouvoir acidifiant protecteur contre les caries. Les partisans de la pratique partent du principe que le foetus évolue positivement dans le ventre de sa mère plongé dans le sac amniotique constitué à 80% d’urine. Pourtant, l’amaroli est considérée par les autorités médicales comme un usage potentiellement dangereux et fait d’ailleurs partie de la liste du Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) concernant des méthodes thérapeutiques jugées à risque de dérive sectaire.

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