Une cup contre le SCT.

coupelle-menstruelle

 

 

Frôler la mort à cause d’un tampon? C’est à peine croyable. C’est pourtant le récit d’un nombre grandissant de femmes à travers le monde. Il semble que la plupart des femmes ignorent leur dangerosité. Sachant qu’une femme utilise en moyenne entre 10000 et 15000 tampons dans une vie, il est étonnant qu’aucun étiquetage n’indique leur composition. Les premiers symptômes sont toujours les mêmes: épuisement, fièvre, vomissements. Sans une intervention médicale, le décès risque de survenir rapidement. Connu sous l’abréviation SCT, le syndrome du choc toxique menstruel atteint tous les organes jusqu’à la peau et peut conduire à l’amputation. En France, les médecins et le milieu hospitalier ne sont pas formés à son diagnostic. Certains gynécologues en ignorent même l’existence, c’est dire…

Il y a pourtant des chercheurs, des microbiologistes, qui cherchent à comprendre comment ce syndrome survient. D’après leurs travaux, lorsque le fluide menstruel est bloqué par un tampon en présence du staphylocoque doré, celui-ci va s’en servir comme milieu de culture et libérer une toxine. Entre 20 et 30% des femmes seraient porteuses de cette bactérie. Il est curieux de noter que 20% des patientes traitées pour un SCT en milieu hospitalier ne reçoivent pas le bon diagnostic et continuent à utiliser des tampons. En aout 2015 une pétition a été lancée, pour réclamer plus de transparence sur leur composition. Il semble que les cas ont quadruplé en 12 ans. À ce jour, aucune obligation légale d’étiquetage n’a vu le jour. Il y a une quarantaine d’années, une épidémie de SCT a provoqué un scandale aux USA. Une histoire qu’aucun fabricant industriel ne voudrait avoir à raconter. Le Rely fut sans doute le tampon le plus mortel: une centaine de décès. C’est sa composition particulière et nouvelle qui l’a rendu si dangereux dans les années 70. Généralement les tampons sont faits de coton. Le Rely était composé de Carboxyméthylcellulose afin d’être super-absorbant, jusqu’à 5 jours de cycle menstruel. De matière synthétique, il était le nid parfait pour l’incubation du staphylocoque doré. Procter et Gamble le retirèrent rapidement du marché.

La conclusion des experts? C’est que plus un tampon est absorbant et synthétique, plus le risque de SCT est grand. Face à la puissance des industriels, la commission Européenne n’a toujours pas pris de mesures, ni imposé de lois pour protéger les consommatrices. Des analyses menées sur des échantillons ont révélé des composés dangereux: fibres synthétiques, dioxines, phtalates… Il existerait une corrélation entre l’exposition aux dioxines et l’endométriose. La muqueuse du vagin pourrait en fait absorber cette dioxine et d’autres substances chimiques continuent dans les tampons. Il existerait aussi un lien entre l’exposition aux phtalates et les fausses couches. Entre 20 et 30 composés chimiques seraient potentiellement présents dans les tampons, voire plus. Les fabricants se moqueraient-ils des conséquences sur la santé des femmes? Une solution existait déjà depuis longtemps et qui sera peut-être une pratique commune à l’avenir. La coupe menstruelle est une protection hygiénique qui va s’utiliser à la place des protections périodiques classiques.

Les premiers brevets de coupe menstruelle sont américains et datent des années 1930. Ainsi, en 1933, le Canadien Lester J. Goddard obtint un brevet sur le « réceptacle vaginal » pour la Coezene Company à Miami. La première coupe commercialisée serait la Daintette distribuée par la Dainty Maid, Inc., de Middlefield, Connecticut. L’actrice et chanteuse américaine Leona Chalmers se consacra après la naissance de sa fille à la conception de produits d’hygiène intime plus sûrs, plus propres et plus confortables pour les femmes. En 1937, elle lance la Tassette. qui n’eut pas beaucoup de succès. À la même époque, les tampons avec applicateur furent créés et rencontrèrent quant à eux un large succès. Une autre coupe menstruelle en caoutchouc fut inventée en 1987 aux États-Unis, la Keeper. Cependant, certaines femmes présentèrent des réactions allergiques à cause du latex qu’elle contient. La première coupe menstruelle en silicone, la Mooncup, fut alors fabriquée aux États-Unis par la société The Keeper Inc. puis au Royaume-Uni. Elle est toujours fabriquée et commercialisée aux États-Unis, au Canada sous le nom de DIvacup, et en Europe sous le nom de keeper silicone.

 

 

 

 

 

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