Intelligence et conscience végétale.

 

 

Les mouches que manipule Tamara Ayoub ne sont vraiment pas à envier. Leurs ailes sont atrophiées. Elles ne peuvent donc pas s’échapper lorsque la biologiste vient les attraper. Dans un petit pot de fleurs, la mort les guette: la dionée attrape-mouche, une plante carnivore munie de poils fins comme des cheveux, est capable de ressentir la présence d’une proie et ne connais aucune hésitation dans la capture de ses proies. Les feuilles de capture restent fermées jusqu’à ce que la plante ait digéré sa victime. Et cela peut durer une semaine. Puis le squelette de l’insecte, dons tous les nutriments ont été absorbés grâce aux sucs, sera libéré. Dans la nature elle sait faire preuve de ruse en attirant ses proies avec un pigment rouge présent sur la partie intérieure de ses feuilles de capture, mais aussi avec un parfum de nectar. 

 

 

 

À l’institut d’évolution et d’écologie de l’université de Tübingen, les proies sont jetées directement dans le piège. En contrepartie la plante doit montrer si elle sait faire preuve d’intelligence, lorsque le festin est précédé d’un signal lumineux. Les plantes sont souvent considérées comme des êtres vivants passifs, car elles ne peuvent fuir leurs prédateurs. Elles doivent pourtant élaborer des stratégies de survie. Et les chercheurs sont toujours plus nombreux à vouloir connaitre et comprendre ces stratégies. Monica Gagliano a récemment témoigné de découvertes surprenantes. La plante de pois par exemple, semblerait percevoir le bruit de l’eau et y diriger ses racines. Plus surprenant encore, elle aurait réussi à conditionner des plantes à des stimulus. Son livre « le langage secret des plantes » nous réserve sans doute encore bien des surprises.

 

 

 

On sait de depuis longtemps que les plantes maîtrisent des stratégies stupéfiantes pour repousser les prédateurs ou attirer les pollinisateurs. Leurs feuilles et leurs racines peuvent transmettre des informations chimiques à leurs congénères. Mais comment cela pourrait être plus que de la biochimie sans âme? Entendre, apprendre, prendre des décisions, ne serait possible qu’avec une structure similaire au cerveau. À moins que l’on ne repense nos concepts d’intelligence et de conscience, qui ne devraient pas être mesurés sur la base de nos critères humains. Aussi fascinant soit ce domaine de recherches, il éveille également une grande part de scepticisme de la part des spécialistes. Et ce genre de publication est aussi difficile à faire accepter.

 

 

 

 Pourtant, ce projet un peu fou a vu le jour grâce à la fondation Volkswagen: « les plantes peuvent-elles apprendre. Le conditionnement de Pavlov sans cerveau. » Le but de ce projet est de savoir si les plantes peuvent se comporter comme ce chien célèbre. Pavlov avait conditionné un chien à recevoir de la nourriture après le tintement d’une cloche. Avec le temps, il se rendit compte que le chien salivait rien qu’avec le tintement de la cloche. En ce qui concerne le règne végétal, les expériences et les découvertes sont loin d’être terminées. Mais les récents résultats annoncent déjà un bouleversement pour nos consciences d’être humains.

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